Première interview radio (TTK, Xiberoko Botza)

May 14th, 2012

Interview radio réalisée le 3 mai par TTK, journaliste à la radio Xiberoko Botza.
C’est là que je me rends compte que vraiment, parler au micro est un art accessible à peu de monde. En tout cas pas à moi ;-)

(Je vous avais bien dit que j’avais l’air moins débile à l’écrit)

Astobelarra a voulu creuser un peu le côté écolo-nihiliste de L’infection.

May 8th, 2012

Avec Laurent (Caudine), on s’était dit qu’on allait faire comme pour Pierre Gastéréguy, une petite vidéo de présentation sympa. Mais en fait, je ne supporte pas de me voir parler. En outre, je suis très nul en improvisation orale : je suis hésitant, bafouilleur, et au final, j’ai l’air d’une andouille de première. Alors ça pourrait être rigolo, si c’était fait exprès, mais ce n’est que ridicule.
De plus, je trouve que le principe du Teaser va beaucoup mieux à un roman que l’interview filmée. Donc voilà, je ne vais pas utiliser les rushes de vidéo qu’on a fait à cette occasion (saint Beau Smart m’en préserve !), mais publier ici même une transcription exacte de ce que j’aurais voulu que ce soit, si j’avais été vidéogénique et moins… gogol

Cet entretien complète celui publié dans la gazette.

Astobelarra : Peux-tu nous résumer en quelques mots ce que raconte ce livre ?
Etienne H. Boyer : Je dirais que ce premier tome commence comme une histoire d’amour à sens unique et que ça se termine comme un film d’épouvante.
Un quadragénaire solitaire tombe amoureux d’une collègue de travail qui pourrait être sa fille. Pour l’approcher, il va essayer de se faire passer pour un autre sur Internet. Sauf que, comme dans la jungle la plus profonde, un prédateur est là qui l’attend et va transformer sa vie et celle de toute l’humanité en cauchemar sans nom.
C’est un roman de gare gore, écolo-nihiliste. Je le voulais divertissant tout en restant assez engagé dans le propos.

A : Tu qualifies ton roman de “nihiliste”. Effectivement quand on le lit on remarque qu’il n’y a pas de vrai héros auquel on pourrait s’identifier…
EHB : La question sous-jacente posée par le roman et que je me pose continuellement, c’est “quand va t-on enfin cesser de fabriquer les monstres qui nous conduisent à notre perte ?“. Pour appuyer ma démonstration, je voulais décrire un monde noir et sans espoir, comme un bourbier étouffant, glissant et sans fond, habité par une créature cannibale à l’humour et à la bile acide.
Il fallait en outre que les personnages soient un peu fourbes et/ou malheureux. On est dans une sorte de “quatrième dimension”, dans laquelle je n’ai pas l’impression de m’être si éloigné que ça de la réalité, finalement ;-)

A : Patrice Bodin un des personnage principal. Il en bave pendant toute l’histoire. Il se retrouve coincé dans un univers virtuel dans les méandres de l’internet. Il doit lutter contre des entités numériques néfastes qui veulent le détruire. Tu l’as sacrément assaisonné ce pauvre homme ?
EHB : Bon, déjà, contrairement à Mauvais berger !, L’infection n’est pas un livre autobiographique. Néanmoins, Patrice, comme tous les personnages de ce livre, est une empreinte subjective de plusieurs individus que j’ai pu rencontrer dans ma vie et notamment de moi-même. C’est donc une projection négative de moi-même (ou de ce qui me passe par la tête) que je maltraite lorsque j’estropie Patrice ou lorsque je tue telle ou telle autre personne, dans des conditions horribles le plus souvent.
De même et mis à part ceux qui sont nommément cités (comme Niko Etxart, par exemple), aucun des personnages n’incarne une personne existant réellement.

A : Il y a aussi Beau smart une “intelligence artificielle” qui prend possession du corps de Patrice. Beau Smart n’a aucune humanité… Bon je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue, mais peux-tu nous expliquer quelle est ta motivation pour écrire ce roman, assez misanthrope au demeurant ?
EHB : Un jour que j’avais trop abusé de caféine, je n’ai pas réussi à m’endormir le soir. Et lorsque, enfin, j’ai pu sombrer dans les bras de Morphée, toute la trame du livre m’est apparue en rêve. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je t’avouerais que beaucoup de choses pénibles se télescopaient dans ma tête, à l’époque. Si tu pouvais les interroger, mes camarades de classe te diraient que j’ai toujours été un brin misanthrope. Mais là, j’en voulais à la terre entière autant qu’à moi même. L’infection, c’est clairement un exutoire, une façon de me purifier le cerveau de toutes mes idées noires, de mes colères, de mes frustrations du moment. C’est en quelque sorte mon auto-exorcisme !

A : Tout à l’heure je disais que tu qualifiais ton roman de “nihiliste”. Mais tu le qualifies aussi “d’écologiste”. Peux-tu préciser?
EHB : Tu as noté que L’infection, c’est en quelque sorte une métaphore de l’humanité et de ses travers. Tu vois, par exemple, on sait pertinemment que la production d’énergie nucléaire peut créer des monstruosités non-maîtrisables comme Tchernobyl ou Fukushima. Or tout, dans notre société, de notre système économique à la gestion administrative, est entièrement dépendant de l’électricité. Tout ce château de carte peut s’ébranler en quelques secondes, à la moindre inattention, au moindre accident. Pourtant, on continue à écouter religieusement les élus à œillères, manipulés par les lobbies du fric, qui font la promotion de l’idéal sociétal occidental actuel comme si leur vie en dépendait. Si on les écoute, “il n’y a pas d’autre solution”. Pourtant, les alternatives existent. Il suffirait d’y réfléchir vraiment…
Ceux qui se sentent visés par leurs critiques accusent souvent les écologistes d’être des ayatollahs catastrophistes, de prédire la fin du monde dès qu’on coupe une marguerite, etc. C’est le contraire, bien sûr. En voulant sauver la planète, les écologistes veulent d’abord sauver l’homme.
Dans L’infection, j’assume parfaitement mon côté nihiliste et je pose la question : “pour sauver la planète et les merveilles qu’elle abrite, faut-il détruire l’humanité (ou la laisser s’autodétruire)“? C’est cela, l’autre thème sous-jacent de ce roman.

A : As-tu des inquiétudes particulières en ce qui concerne les mondes virtuels et les diverses technologies auxquelles nous sommes soumises ?
EHB : C’est une question qui pue un peu, ça ! Bon, autant le dire tout de suite : je travaille dans le milieu du web (au sens large du terme) depuis trois ans et demi, ce qui n’est pas sans me poser quelques cas de conscience, de temps à autres. Précisons que, comme tout écologiste – convaincu – qui se respecte, je suis bourré de contradictions : je suis écœuré par l’envahissement, l’aliénation, la médiocrité véhiculés par un grand nombre de nouvelles applications TIC, dont la majorité n’a pour but que de faire davantage de commerce, de profit, etc. Ce qui m’angoisse, surtout, c’est qu’il y a toujours des petits malins pour dévoyer les inventions les plus utiles et les intentions les plus louables, qui seraient censées améliorer l’ordinaire.
Mais en même temps, je suis fasciné par le progrès et la technologie, qui, s’ils sont utilisés avec humanisme, peuvent vraiment aider à l’amélioration de la société. Il suffit de voir de quelle façon tunisiens et égyptiens ont utilisé Twitter, lors de la “révolution de jasmin”, pour en être persuadé.
Je suis convaincu que les univers virtuels peuvent aussi trouver leur utilité, notamment dans l’aide au traitement de certains désordres psychologiques comme l’agoraphobie, entre autre.
C’est aussi de cela que je parle, en filigrane, dans L’infection. En résumé : tout n’est pas tout noir, tout n’est pas tout blanc…

A : Il y a beaucoup de référence au cinéma. Notamment le cinéma d’action américain ou la science-fiction. Tu peux nous dire quels sont tes livres, films cultes ?
EHB : Je suis un enfant des années 70. J’ai été bercé par le cinéma fantastique de ces années là. On retrouve très certainement des idées développées dans des films célèbres comme The Shining, Terminator, Cube, Matrix, Kamikaze, la Machine et autres Hidden dans L’infection.
La culture geek, issue des comics américains et des jeux de rôles est aussi très perceptible dans le roman. Et puis concernant la littérature, on ressent probablement l’influence de Stephen King et autres auteurs fantastiques contemporains dans mes écrits. Davantage sur le fond (l’histoire) que sur la forme (le style), je suppose.
Je me retrouve aussi dans Les idées noires, de Franquin.

A : L’intrigue du livre se passe en Soule. Il est fait référence à des évènements politiques, des lieux que tout le monde connaît… C’était important pour toi d’écrire un roman qui se déroule ici ?
EHB : D’abord je souhaitais ancrer ce premier tome dans une réalité locale et rurale, de façon à ce que “monsieur tout le monde” puisse se sentir concerné. La Soule s’est imposée d’elle même à moi : j’adore ce petit coin de paradis, cette émeraude chatoyant de mille verts qui m’a accueillie il y a une quinzaine d’années. C’est mon chez-moi et je n’en voudrais pas d’autre.
J’ai voulu montrer ses aspects positifs : sa beauté, sa culture, la nature… mais aussi ce que je considère comme ses aspects négatifs : le Wimax, “la voie de Soule”, le paternalisme d’un certain patronat, le cynisme de certains élus locaux, le productivisme d’une certaine agriculture…
Bref, j’ai voulu montrer que cet Eden était fragile, en équilibre précaire et qu’un rien pouvait l’anéantir. Une mauvaise décision politique, et c’est “l’enfer sur terre”.
C’est un peu caricatural, c’est vrai, car il faudrait une somme considérable de mauvaises délibérations pour que tout le système plante, mais j’ai toujours trouvé que la caricature ouvrait plus facilement des portes sur l’inconscient collectif. Un bon dessin de presse a bien plus de pouvoir qu’un mauvais débat de l’entre deux tours, sur BFMTV…

Que le monde se prépare à subir une infection massive!

May 5th, 2012

Le jour “J” approche à grands pas. Encore deux semaines à patienter avant la sortie officielle du tome 1 de L’infection, mais une chose est sûre : les livres sont déjà là!

Et à cette occasion, vous pouvez >> le commander sur le site web << au prix de 14€ (au lieu de 16€, hors frais de port), jusqu’au 20 mai 2012.

Si vous êtes souletin, nous pouvons convenir d’un rendez-vous quelque part sur Mauléon, afin que je vous le livre en main propre. Vous économiserez ainsi quelques euros supplémentaires ;-)

J’ai rencontré la presse locale (souletine) hier soir. Bref, il n’y a plus qu’à! Je profite de l’occasion pour remercier l’association Bil Xokoa, qui a bien voulu insérer l’info de la présentation du livre le jour de Müsikaren Egüna sur son programme.

L’infection : sortie officielle dans J – 30!

April 19th, 2012


Ayé! je viens – enfin – de terminer la relecture et les corrections du BAT du tome 1 de L’infection. Je suis fourbu!

Laurent (Caudine) a lui aussi pris des notes, relevé mes coquilles et mes mauvaises utilisations de la ponctuation, et nous avons renvoyé le document à l’imprimeur pour qu’il nous sorte la seconde (et dernière, j’espère) épreuve avant mise en production. Je pense que ce sera moins compliqué pour le tome 2, parce que j’aurais déjà tout formaté comme il faut avant d’envoyer à imprimer. N’empêche, c’est épuisant nerveusement.

La suite, ce sera le tournage d’une interview vidéo, puis, très très vite, la présentation du bouquin à la presse, 15 jours avant sa sortie officielle. Ensuite, pendant tout le mois de juin, je ferai la tournée des salons et des rencontres/dédicaces sur les Pyrénées Atlantiques. Vous vouliez le programme? Le voici :

- 20 mai sortie officielle de L’infection tome 1, à Müsikaren Egüna, à Ordiarp
- 26 mai dédicaces au marché de Mauléon (à confirmer)
- 2 juin 10 h 12 h dédicaces à Tardets
- 9 – 10 juin dédicaces à Oloron au salon du livre
- 16 juin au matin, dédicace à Mauléon, à Xibero bio
- 17 juin, les arts en place, à Oloron Sainte Marie
- 23 juin à partir de 15 h, dédicaces à Garazi (Saint-Jean Pied-de-Port)

Il est probable que d’autres dates (notamment à Navarrenx et à Bayonne) soient fixées d’ici là.

Si vous êtes une librairie du département Pyrénées Atlantiques (mais même ailleurs, je ne suis pas sectaire), que vous êtes intéressé pour journée/matinée de rencontre dédicace avec l’auteur (moi, en l’occurrence, je n’ai pas encore attrapé la Delonite), ou simplement pour recevoir L’infection (et/ou Mauvais berger!) en dépôt/vente, vous pouvez contacter Astobelarra ici : astobelarra@live.fr, ou là : 05.59.28.32.81.

BAT! Le premier bon à tirer est entre mes mains.

March 21st, 2012

Marrant ça : en basque, “bat”, ça veut dire “un” ou “premier”. Bon, dans le contexte du jour, BAT, c’est pour Bon à Tirer. Je précise que ce n’est pas moi qui suis bon à tirer (encore que…).

L’imprimeur vient de nous faire parvenir la première épreuve du tome 1 de “L’infection”. Je peux vous dire que ça fait bizarre d’avoir ce pavé (420g, quand même) en mains.
Trop heureux d’être content, le Etienne, après 3 ans et demi de boulot, je tiens enfin un truc concret! Ça m’avait déjà fait le coup pour “Mauvais berger!” , mais c’était différent. Il n’y avait pas autant de labeur derrière ce livre ni autant d’ambition.

Bref, pour ceux qui découvrent le principe, le BAT permet, avant le tirage en série, de vérifier que l’édition est OK, de corriger les derniers bugs qui seraient passés inaperçus, etc.

C’est comme ça que je me suis rendu compte que je pouvais encore perfectionner la mise en page (pénible à gérer, la partie reliure!), la titraille des chapitres, et surtout changer la police de caractère du titre. En effet, la font que j’utilisais jusqu’à présent est “gratuite, pour une utilisation personnelle”. J’aurais pu essayer de négocier avec l’auteur, mais bon, c’était plus pratique d’en refaire une moi-même. Mieux que ça : mon poto graphiste Pette en a travaillé une en 5 secondes sur Illustrator rien que pour moi. Donc voilà : ça, c’est fait!

Maintenant, je vais tout relire (j’ai pris suffisamment de recul depuis ma dernière relecture), corriger les dernières phrases bancales et les fautes d’orthographe qui traînent, vérifier une dernière fois la pagination, puis tout refiler à Laurent Caudine pour qu’il en fasse de même de son côté. Et après, zou! Sous presse pour le 20 mai 2012!
Mais si vous voulez le réserver avant, à deux euros moins cher, c’est par ici que ça se passe!

“Mauvais Berger!” : deux dédicaces récentes…

March 19th, 2012

Cahin caha, le stock de “Mauvais berger!” continue de se vendre (ce qui me fait bien plaisir, vous vous en doutez).

Voici ci-dessous deux très récentes dédicaces, réalisées lors des salons du livre de Navarrenx et de Mauléon-Licharre.

Tout ça pour dire quoi? Eh bien qu’en attendant que le tome 1 de “L’infection” sorte enfin (le 20/5/12, mais vous pouvez souscrire ici jusqu’à cette date…), vous pourrez venir vous offrir votre exemplaire dédicacé de “Mauvais berger!” au Leclerc culturel d’Oloron Sainte Marie le 23 mars prochain, à partir de 17 heures. J’y serai en compagnie de Pierre Gastéréguy, dont le recueil de nouvelles “Doux comme un mouton” (Astobelarra – Collection Mozaïk) vient juste de sortir.

Première dose gratuite, dans la République des Pyrénées!

March 13th, 2012

Aujourd’hui est paru un premier article de presse sur la sortie officielle prochaine du livre de Pierre Gastéréguy. Je remercie chaleureusement le correspondant de la République des Pyrénées pour la Soule, Jean-Louis Belhartz d’avoir aussi bien lancé les hostilités! Il a même poussé jusqu’à distribuer une première dose gratuite de L’infection (qui ne sort que le 20 mai prochain, mais auquel vous pouvez déjà souscrire)! Et ça, c’est plutôt cool.

Cliquez dur la photo pour lire l’article!

Interview pour la Gazette d’Astobelarra!

March 6th, 2012



Une première interview parue dans le semestriel La Gazette d’Astobelarra n°0. Vous l’avez ci-dessous dans sa version intégrale, sans les coupures obligatoires, liées au format du support. La “Gazette” est un document qui a été conçu par l’éditeur pour servir de dossier de presse et de communication. Il sera distribué au public lors des divers évènements mis en place par Astobelarra, dans l’agenda des sorties d’avant l’été.

Après “Mauvais berger!”, publié en 2008 dans la collection Humeurs & Témoignages, Etienne H. Boyer récidive avec le premier tome d’une saga fantastique intitulée “L’infection : Contage” dans la collection Mozaïk.

Astobelarra : Si le premier était une tranche de vie autobiographique, là, tu nous livres un vrai roman… Quelles ont été tes influences?

Etienne H. Boyer : Après “Mauvais berger!”, qui -comme son titre l’indique- raconte ma triste expérience de berger dans les Pyrénées, je me suis rendu compte que si j’avais réussi à écrire un premier livre, je pourrais peut-être bien en écrire un second, mais qui ne parlerait pas uniquement de moi, ce coup-ci. J’avais envie d’une histoire fantastique, parce que je suis un enfant des années 70, et que toute ma jeunesse a baigné dans les comics américains, mais aussi dans ces grands films d’anticipation que sont Terminator, Kamikaze, La Machine, The Hidden, et plus récemment Cube et évidemment Matrix. Question littérature, je dévorais les livres dont vous êtes le héros et la série Gore, que je lisais en cachette dès que mes parents avaient le dos tourné, alors qu’on m’avait ordonné de finir “L’assommoir”, de Zola.
Parallèlement, je travaille depuis 2008 dans une agence web spécialiste des mondes virtuels en 3 dimensions. C’est principalement dans cette culture là (celle des “geeks”) que j’ai puisé ce qui a inspiré “L’infection”. Mais attention, il ne s’agit pas d’un vulgaire copier/coller de choses existantes! Il y a une véritable intrigue originale dans cette trilogie, avec un message humaniste en filigrane.

A : Raconte!

EHB : Pour résumer, je dirais que l’histoire se déroule à moitié dans le monde réel, et à moitié dans un célèbre univers virtuel. Ça commence comme une histoire d’amour impossible, mais très vite, il y a un petit côté malsain qui s’insinue dans le récit. Dès la seconde partie du livre (qui en comporte quatre), on bascule dans le fantastique, la tragédie et même l’horreur. Le fil conducteur, c’est ce questionnement qui me hante au quotidien : pourquoi l’Homme continue t-il de créer les monstres qui le précipiteront à sa perte?

A : Comment t’est venue l’idée de cette histoire?

C’est venu tout seul, sans que je m’y attende vraiment. Un jour que j’avais trop bu de café au boulot, j’ai eu un mal de chien à m’endormir le soir. Et quand, au petit matin, j’ai fini par tomber de sommeil, toute l’intrigue du livre s’est imposée à moi, dans un rêve (ou un cauchemar, selon comme on se place)! Je savais à quelle époque ça se déroulait, et je connaissais même tous les détails du récit. Il ne me restait plus qu’à situer l’histoire dans l’espace.

A : Et tu as choisi la Soule comme cadre. Pourquoi?

EHB : C’est une façon de rendre hommage à celle qui est devenue ma terre d’adoption, où je vis heureux avec ma petite famille depuis plus de quinze ans. Je voulais montrer ses aspects positifs comme ses aspects les moins reluisants. “Qui aime bien, châtie bien”, dit-on? Du coup, à certains moments, on est parfois très proche de la caricature.
Mais pour en revenir au fond de ta question, il y a quelques années, lorsque j’étais encore correspondant de presse pour l’édition Béarn et Soule du journal Sud-Ouest, j’ai été “agressé” par un ex-élu local, qui, suite à la publication d’un article qui ne lui avait pas plu, m’avait accusé de “vouloir mettre le feu à la Soule. Sur le coup, j’ai été choqué par la violence disproportionnée, voire injustifiée de ses propos. Et puis, peu à peu, la petite phrase a fait du chemin dans mon esprit. Et je me suis dit : “après tout, pourquoi ne pas le prendre au mot?
C’est ainsi que j’ai choisi de situer l’essentiel du récit de ce premier tome de “L’infection”, intitulé “Contage”, en Soule, ou plus exactement “dans une Soule d’une dimension parallèle”, très proche de la nôtre. Petite précision qui sous-entend qu’à part les célébrités comme Niko Etxart (auquel je fais allusion à un moment dans le texte) bien malin qui pourra reconnaître des personnages du livre, comme étant des personnages existant dans la vraie vie!

A : Et les lieux, on les reconnait?

EHB : Ah, là par contre, j’ai été très fidèle à la réalité! Je parle de Mauléon-Licharre, mais aussi de la forêt des Arbailles, des gorges d’Éhujarre, du travail à l’usine, de la “voie de Soule” et du Wimax… Et, cerise sur le gâteau, je ne pouvais pas ne pas mentionner la fête de la musique “Musikaren Eguna”, d’Ordiarp (village où je vis).

A : Il y a donc aussi un peu de ton propre vécu dans L’infection?

EHB : Le nier serait mentir et surtout ME mentir. Chacun des personnages est soit une partie de moi-même, soit une “empreinte” laissée dans mon esprit par une (ou plusieurs) personne(s) que j’ai rencontré(es) dans ma vie. J’ai ratissé toutes ces idées, puis broyé, mixé, digéré et recraché les informations afin de recréer mon propre univers. D’où le petit côté “caricatural” qu’on perçoit de temps à autres, au fil de la lecture.
Mais tout cela n’est pas très original. Je ne crois pas que les autres auteurs fonctionnent de façon foncièrement différente.

A : Parle-nous du style littéraire de ce roman…

EHB : Je l’ai conçu comme un roman de gare Gore écolo-nihiliste, avec quelques incursions naturalistes et impressionnistes. Mais trêve de grands mots, si je devais trouver une image simple auquel le comparer, je dirais qu’il doit un peu ressembler à l’intérieur du sac fourre-tout d’Hermione Granger (Héroïne de la célèbre saga “Harry Potter”, de J.K.Rowlins – NDA) : on y trouve de tout et même des choses inattendues, mais que l’on ne s’y trompe pas : il y a un fil logique qui relie chacun des éléments évoqués.
L’écriture, quant à elle, est particulière, résolument moderne. Tantôt on est dans un style descriptif classique, presque lyrique par moment, tantôt dans de la pure transcription de messagerie instantanée. En outre, j’ai voulu imprimer un effet de style à chaque personnage. Par exemple, lorsque le “vilain” de l’histoire s’exprime, j’ai fait en sorte qu’on sente le côté clinique et froid de sa personnalité, qui peu à peu “s’humanise”, d’ailleurs. De même, dans le récit, lorsque la tension est à son comble, je me suis appliqué à ce que le langage employé accentue les impressions d’horreur absolue, de colère…

A : Si L’infection est une trilogie, c’est qu’il va y avoir deux autres tomes, logiquement. Que peux-tu déjà nous dire à leur sujet?

EHB : Je suis en cours d’écriture de la seconde partie. J’ai déjà bien avancé, mais ce que je peux vous dire sans entrer dans les détails et vous gâcher la suite, c’est que l’un des personnages secondaires du premier tome va un peu voler la vedette aux autres, et que l’histoire se passera en grande majorité aux États Unis d’Amérique. Exit la Soule et Second Life, donc! Du moins jusqu’au tome trois, qui clôturera la saga en apothéose là où je l’ai commencée, c’est à dire en pleine forêt des Arbailles!

A : Et c’est pour quand, cette suite?

EHB : Ouh là! Pour info, il m’a fallu trois ans et demi de travail pour terminer ce premier tome! Je ne peux pas m’imposer de deadline, parce que j’ai un emploi à plein temps, ainsi qu’une famille, qui a aussi besoin qu’on s’occupe d’elle. Déjà que j’aurais tendance à ne plus penser qu’à “L’’infection” dès que j’ai un moment de libre, alors…
Disons que si je ne faisais qu’écrire, je pense que je pourrais raisonnablement envisager la sortie du tome deux courant 2014, et du tome trois à l’horizon 2017, pour les prochaines présidentielles? Que sera, sera. Restez branchés!

Le livre par lequel tout a commencé…

February 29th, 2012



"Le manoir de l'enfer", un livre dont vous êtes le héros, par Steve Jackson

Qu’est-ce qui m’a donné envie d’écrire ? Grande question…
Je pourrais dire que c’est la faute de grâce à ma mère, qui a tellement insisté pour que je lise du Mauriac, du Bazin, du Zola, du Troyat, du Hugo, dans mes années collège et qui me forçait à écrire (et apprendre par cœur) les définitions des mots que je ne comprenais pas dans un petit carnet à spirales. Elle encore, qui essayait de m’inculquer le Bescherelle et me donnait des astuces imparables pour ne plus confondre le verbe être et la conjonction de coordination “et”, pour savoir faire la différence entre “où” et “ou”, pendant que mon frère s’amusait dans le jardin avec ses copains.
Oui, rendons à César ce qui lui appartient : sans la dictature vigilance de ma mère, j’aurais été un échec scolaire dès la classe de cinquième. Car non content d’avoir les mathématiques en horreur, j’étais en plus détesté de mes profs de français. Bref, ça partait en couille pour moi, et sans elle, je ne sais pas ce que je ferais aujourd’hui.

Je pourrais dire que c’est grâce à Eric T., un de mes amis d’enfance, qui m’a un jour de Noël expliqué qu’il était si facile de rendre un récit intéressant. “Le secret, c’est les adjectifs”, m’avait-il confié, devant le feu qui crépitait dans la cheminée. “Tu peux très simplement dire ‘la rivière coule’, mais ça ne donne pas vraiment envie d’en savoir plus. Par contre, si tu dis ‘la rivière, grand anaconda furieux, étranglait la forêt d’émeraude de ses anneaux glacés’, tu as l’ambiance, la poésie et un début d’histoire.” Eric était considéré comme un surdoué un brin précieux par les élèves de la classe et ses professeurs. Je ne sais pas s’il l’était vraiment, mais j’ai gravé son conseil de manière indélébile dans un endroit de mon cerveau.

Je pourrais dire que c’est grâce aux encouragements de mon professeur de français de troisième, Madame V., qui m’a un jour collé un 16/20 en rédaction, après avoir lu la description (remarquablement fidèle) d’un de mes odieux camarades de classe, qui l’avait poursuivie jusqu’à chez elle en mobylette, mais surtout passait son temps à me martyriser. Heureusement qu’elle a eu le tact de ne pas lire mon texte à haute voix devant tout le monde. Le vilain en question n’aurait pas manqué de se reconnaître et j’aurais certainement pris très cher, à la récré!

Mais en réalité, je crois que tout à commencé pour moi avec ce livre dont vous êtes le héros, écrit par un certain Steve Jackson, et intitulé “Le manoir de l’enfer“. Sans cette histoire d’épouvante pour adolescents boutonneux, datant de 1985 (j’avais 14 ans, donc j’étais pile-poil dans la cible), il est fort probable que je n’aurais jamais eu le goût de lire, et encore moins celui d’écrire. Sans lui, c’est une évidence pour moi, Il n’y aurait pas eu de Mauvais berger!, et encore moins d’Infection
Et même si c’est loin d’être de la grande littérature, je suis fier de pouvoir rabaisser le caquet à une grande majorité de profs de français que j’ai pu avoir dans les années 80, qui affirmaient avec une certaine pédanterie (et force menaces de punitions si on était pris en train de lire des BD) qu’il y avait “livre et livre”, comme il y a “le bon et le mauvais chasseur“.

Mes enfants ont eu la chance de naître dans une famille de lecteurs assidus et à une époque où la ségrégation entre les “grands livres” et les “supports plus légers” n’existe presque plus. Ils ont le virus de la lecture. Après avoir dévoré la saga de JK Rowling en quatre mois, puis lorsqu’ils auront découvert l’univers onirique de Philip Pullman ou celui de Pierre Bottero (autant d’auteurs fantastiques inconnus à mon époque), je ne crois pas qu’ils trouveront dans le Manoir de l’enfer le trésor que j’ai pu y trouver.
Reste que je conserve religieusement ce livre-jeu dans mes étagères, entre La Terre et L’Iliade, au grand dam de mon épouse (bibliothécaire), qui rit sous cape de me voir garder ces vieilleries poussiéreuses et décaties!

L’infection Tome 1 : souscription avant la sortie officielle le 20 mai 2012!

February 13th, 2012



Salut!

Juste ce petit mot pour vous annoncer que le prix du tome 1 de L’infection (378 pages) sera de 16 euros en librairie. Mais mon éditeur (Astobelarra) vous propose en avant-première ici un prix précommande (ou souscription) avantageux de 14 euros*, valable jusqu’à la date de la sortie officielle du livre, prévue le 20 mai 2012! Alors profitez-en ;-)

Pour ceux qui ne sont pas trop loin de Mauléon-Licharre (ou qui seraient de passage), je vous donne rendez-vous à la journée du livre qui aura lieu le 17 mars pour la sortie de cet autre livre !

*Hors frais de port, si envoi du colis par la poste.